Acoustique des salles de réunion

Les salles de réunion modernes sont connues pour leur mauvaise acoustique. Mais même si la priorité va à un environnement spacieux, élégant et lumineux, un local offrant un bon rendu sonore est tout aussi important pour optimiser la collaboration et améliorer la productivité.

Les architectes et décorateurs d’intérieur conçoivent des locaux à l’atmosphère stimulante, souvent équipés de matériaux hautement réfléchissants tels que le verre et le métal. Chaque objet présent dans la pièce, y compris ses occupants, est source de réflexion. Les fenêtres, parois vitrées, tables, ordinateurs et écrans, ainsi que les parquets et plafonds en bois dur comptent parmi les éléments les plus défavorables sur le plan acoustique. Leur capacité d’absorption des ondes sonores est en effet faible, voire inexistante. Ils constituent un véritable cauchemar pour les ingénieurs du son qui tentent d’optimiser leur appareillage audio dans un local qui ne s’y prête pas.

Réflexions et réverbérations

Le son tel que nous le percevons dans une pièce est constitué de trois éléments : le son direct, les réflexions et les réverbérations. Le son direct est celui qui est projeté sans détour du haut-parleur jusqu’aux oreilles de l’auditeur. Le son émis par le haut-parleur se réfléchit également sur les murs, fenêtres, sols, tables et autres objets avant d’atteindre les oreilles de l’auditeur. On qualifie de précoces les réflexions qui parviennent à l’auditeur en moins de 50 m et qu’il est pratiquement impossible de distinguer de la source sonore d’origine. Les réflexions tardives parcourent plus de 50 m et sont en revanche perceptibles par l’auditeur. Elles font partie intégrante du champ de réverbération de la pièce.

Si, lors d’une vidéoconférence par exemple, vous êtes assis à côté des haut-parleurs et que vous écoutez des interlocuteurs à l’autre bout du fil, vous percevrez le son direct avant les réflexions ou réverbérations éventuelles. Dans une pièce trop réfléchissante, les réverbérations empêcheront le bon suivi du discours ou de la conversation, avec un impact négatif sur la productivité.

Un autre problème acoustique que l’on rencontre dans les salles de réunion et qui réduit l’intelligibilité de la parole est l’écho flottant. L’écho flottant apparaît lorsque les ondes sonores rebondissent à plusieurs reprises sur deux surfaces réfléchissantes disposées parallèlement dans la même pièce. Il peut notamment s’agir de parois vitrées et de fenêtres. Cet effet est audible même si les réflexions parcourent moins de 50 mètres de la source à l’auditeur.

L’écho flottant concerne essentiellement les moyennes et hautes fréquences. Les basses fréquences sont sujettes à un autre phénomène connu sous le nom de résonances spatiales. Les résonances spatiales sont des fréquences de résonance qui dépendent des dimensions de la pièce. Nous en distinguons trois formes :

  • axiale : survient entre deux surfaces parallèles ;
  • tangentielle : son réfléchi par quatre surfaces ;
  • oblique : son réfléchi par six surfaces dans une même pièce (sol et plafond, avant et arrière, gauche et droite).

Concentrons-nous sur la forme axiale. Le son direct heurte une surface et est par conséquent réfléchi. Cette réflexion se mélange au son direct, renforçant ainsi les pics du signal. Les ondes sonores rebondissent entre les deux parois parallèles, ce qui provoque des pics élevés ou des annulations dans la réponse en fréquence de la pièce.
Étant donné que les résonances spatiales dépendent des dimensions de la pièce, il est heureusement possible de calculer la fréquence à partir de laquelle ces résonances apparaissent.

Gestion des réflexions

Pour améliorer l’acoustique d’une pièce, il convient de tenir compte de deux paramètres : l’absorption et la diffusion.

L’absorption capture une partie de l’énergie de l’onde sonore et réduit ainsi la quantité d’énergie sonore réfléchie dans la pièce. L’absorption contribue à réduire le champ de réflexion et à minimiser l’impact des échos flottants ou des résonances spatiales. Les matériaux absorbants sont généralement fabriqués en mousse à haute densité ou en fibre de verre, et sont disponibles en plusieurs formes, dimensions et couleurs.

Il n’existe aucune règle concernant la quantité de matériau à prévoir. Plus le matériau est absorbant, plus le champ de réverbération est faible. Néanmoins, chacun de nous est habitué à un certain niveau de réverbérations. Les supprimer totalement risque de créer une atmosphère froide ou artificielle.

Les diffuseurs sont des dispositifs peu utilisés dans les salles de réunion, mais très courants dans les auditoriums. Les diffuseurs éliminent l’écho flottant sans altérer l’énergie sonore de la pièce. Comme décrit ci-dessus, une absorption excessive risque de se traduire par un son artificiel dans la pièce ou un champ de réverbération trop atténué. Dans certains cas, il est préférable de préserver les propriétés acoustiques des réverbérations, par exemple, et de se concentrer sur certains éléments spécifiques, comme le traitement de l’écho flottant. Les diffuseurs préviennent l’écho vibratoire en propageant des ondes sonores de manière uniforme dans différentes directions.

Quel que soit le moyen utilisé pour améliorer l’acoustique d’une pièce, il est important de préserver son aspect visuel ou sa valeur esthétique, de manière à conserver l’architecture et l’apparence d’origine.

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