Choisir une cellule de phonographe

Qui aurait pu imaginer qu’à l’époque ou iTunes a vendu plus de 35 milliards de chansons à 800 millions de clients (et on les compte encore), le marché des lecteurs de vinyles old school vivrait une seconde jeunesse ? Ce qui est plus surprenant encore, c’est que l’enthousiasme vient de la génération Y.

 

Les chiffres varient selon la source, mais les ventes de disques sont clairement à la hausse :

  • dans un article publié en février 2015, le San Francisco Chronicle citait les chiffres de Nielsen SoundScan qui montraient une augmentation de 51% des ventes de vinyles entre 2013 et 2014 et 9,2 millions de disques vendus en 2014.
  • La plupart des nouveaux grands albums disposent aussi d’une version vinyle
  • Les maisons de disques commencent à rééditer des classiques des Beatles, des Rolling Stones et de Bob Dylan en format 33 tours
  • D’après le New York Times, plus d’une douzaine de nouveaux membres ont rejoint les quelques usines survivantes de pressage de disques

Les audiophiles ont longtemps fait la publicité de la chaleur et de la profondeur des sillons des 33 tours, mais un nouveau public a découvert la joie des livrets de disque, l’admiration d’une couverture d’album, devoir traverser une pièce pour aller changer de disque, se constituer une collection de disques, et fouiner chez les vieux disquaires afin de dénicher cette copie intacte de The Velvet Underground & Nico.

Les cellules phono de Shure

Shure a commencé à fabriquer des cellules pour phonographe de qualité en 1937 et a considérablement innové en matière de design de cellule avec le principe de « l’inclinaison de l’aiguille » pour minimiser l’usure du disque tout en améliorant la reproduction sonore, et le concept de « traçabilité » de Jim Kogen. Shure a produit la première cellule de phonographe capable de jouer à la fois des disques 33 et 78 tours, la première cellule dotée d’une force de traçage d’un gramme seulement, et la première cellule à satisfaire les exigences d’un enregistrement stéréo.

 

A l’apogée de la production des cellule de phonographe de Shure dans les années 1960 et 1970, l’entreprise produisait environ 28.000 cellules par jour. On trouvait une cellule Shure dans presque chaque foyer, restaurant, station de radio et discothèque aux Etats-Unis.

En 1988, les lecteurs CD ont sonné le glas de la demande en cellules phono. A l’exception de quelques audiophiles, stations de radio et baby-boomers qui avaient besoin de remplacer leurs cellules pour leur vaste collection de disques, le marché disparut. Puis le destin en a décidé autrement. Vers la fin des années 1990, Shure a découvert que les DJ américains de scratch qui voyageaient en Asie s’arrachaient les aiguilles en excédent de stocks depuis l’arrêt de leur fabrication. Le scratching dominait à présent les battles de DJ. Le M44-7 de Shure était, et reste, la cartouche de prédilection dans ce domaine.

Aujourd’hui, Shure fabrique huit modèles de cellules pour phonographe pour les DJ, les amateurs de jazz, les collectionneurs de 78 tours et les passionnés de vinyles.

Comment fonctionne une cellule phono

Une cellule phono est un appareil électromécanique de micro-fabrication qui dit à l’ensemble de votre système audio ce qui se passe le long du sillon d’un demi-kilomètre coupé dans un disque vinyle classique.

Les cellules phono, les microphones et les écouteurs contiennent tous des transducteurs qui convertissent une forme d’énergie dans une autre.

Les cellules phono le font en traduisant les variations sur les murs de sillons en signaux électriques. En 1877, Thomas Edison était déjà le pionnier de cette technologie en utilisant un stylus sur une feuille d’aluminium ou cylindre de cire.

Le stylus (aiguille) se déplace horizontalement et verticalement au fur et à mesure sur le sillon du disque voyage sous lui. Une bobine de fil et aimant à son autre extrémité génère un faible signal audio.

 

 

Aujourd’hui, il existe deux types principaux de cartouches pour phonographe : à aimant mobile (MM) ou à bobine mobile (MC). (Les audiophiles mentionneraient peut-être les types Moving Micro Cross et Moving Iron, mais elles sont nettement moins courantes.)

Les cellules Shure sont toutes de type à aimant mobile (MM). Un tout petit aimant est apposé sur l’extrémité du stylus suspendu entre deux bobines. L’aimant vibrant produit un léger courant entre les bobines. Les cellules sont compatibles avec n’importe quelle entrée de phonographe sur un composant stéréo, ce qui s’avère pratique. Autre avantage : il est possible de remplacer le stylus.

Les types à bobine mobile (MC) inversent le design MC en attachant les bobines à la tige du stylus ou au cantilever. L’aimant se trouve à proximité des bobines construites avec du fil très fin. La faible sortie des cellules MC (en fonction de la taille de la bobine) requiert généralement l’utilisation d’un préamplificateur afin de booster le signal. Certains audiophiles estiment que le poids plus léger rend le stylus plus agile, ce qui donne un meilleur traçage et un son plus précis. L’utilisateur ne peut pas remplacer le stylus.

Choisir une cellule de phonographe

Le choix de la cellule phono faite pour vous dépend de quelques facteurs.

Monture classique ou P-mount

Vous aurez besoin de savoir comment les cellules s’attachent au tourne-disque que vous possédez ou que vous envisagez d’acheter. En voici deux types :

  • Monture classique, de loin la plus courante : deux vis, à un centimètre et demi l’une de l’autre, filetées à travers le corps de la cellule afin de la sécuriser au porte-cellule, qui se branche ensuite au bras.
  • Les P-mount, surtout pour les tourne-disques de la marque Technics : les quatre dents à l’arrière de la cellule se branchent directement au bras. Une vis de pression pénètre par le côté de la cellule à l’arrière afin de la maintenir en place sur le bras.

Stylus elliptique (bi-radial) ou sphérique

Le stylus (ou aiguille) constitue réellement le cœur et l’âme de la cellule et représente environ 90% de son coût. Presque tous les styli sont dotés de pointes en diamant. Il existe deux formes d’aiguilles : elliptique et sphérique. Les aguilles elliptiques saisissent plus d’information du sillon du disque et constituent en général le choix des audiophiles. Les DJ choisissent des aiguilles sphériques car elles se posent plus haut dans le sillon et usent moins le disque.

DJ, audiophile ou converti aux 33 tours

Aujourd’hui, chaque fabricant de cellules, y compris Shure, a élaboré des cellules pour phonographes dont les caractéristiques correspondent à des segments précis du marché. La robustesse et les caractéristiques sonores des cellules pour DJ ne sont pas prévues pour l’écoute personnelle. A l’inverse, vous ne voulez pas écouter un 33 tours de Daft Punk à l’aide d’une cellule prévue pour les 78 tours.

Budget

Croyez-le ou non, il existe des cellules à 15.000$, mais elles sont bien sûr en partie fabriquées en or. Les questions sont les suivantes : de combien disposez-vous, et quelle est la qualité de votre tourne-disque ? Vous ne voudrez pas mettre une cellule d’une valeur de 600$ sur un tourne-disque d’une valeur de 100$.

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